Mise en concession des parcs nationaux : les contours et les pourtours – se dessinent

Afin de promouvoir un écotourisme durable et haut de gamme, le gouvernement a lancé un projet de mise en concession des parcs nationaux. Mais la prudence est de mise.

Que des pépites. Lokobe (dans la partie Sud Est de l’Ile de Nosy-Be), Analamazaotra Mantadia (dans le district de Moramanga), Ankarana (dans le district d’Ambilobe), Tsimanapetsotse (dans la partie Sud-Ouest), Nosy Hara (au large de la côte nord-ouest de Madagascar) et Bemaraha (au Sud la Région Melaky, à la limite Nord de la Région Menabe, dans le centre Ouest de Madagascar). Ces parcs nationaux devraient voir se matérialiser un des projets écotouristiques majeurs : la mise en concession des parcs nationaux.

Haut-lieu

Le projet était déjà dans l’air depuis 2022. « Un appel à manifestation d’intérêt est lancé aux investisseurs désirant installer un écolodge avec un nombre de chambres limité dans un parc national. Nous avons identifié six aires protégées favorables à ce projet d’investissement touristique », avait indiqué le ministre du Tourisme de l’époque, Joël Randriamandranto, qui occupe aujourd’hui le fauteuil de la présidence du Conseil d’Administration de l’EDBM, durant la présentation de ce projet, en 2022.

Après des années de flottement, le projet a été relancé. Divers ateliers avaient été organisés pour mieux dessiner les contours du projet. Trois entités seront en première ligne : le ministère du Tourisme et de l’Artisanat (MTA), le ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire (MDAT) et le ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD). L’inquiétude portait bien évidement sur les impacts sociétaux et environnementaux d’un tel projet pourrait occasionner dans ces hauts-lieux de la biodiversité malgache.

« La concession ne portera pas sur l’ensemble des parcs nationaux. Il s’agira plutôt de confier aux investisseurs la construction, la gestion et l’exploitation d’écolodges de luxe respectueux de l’environnement dans les zones tampons de six parcs nationaux retenus qui sont aujourd’hui gérés par Madagascar National Parks », avait indiqué Viviane Dewa, la ministre de Tourisme et de l’Artisanat, lors du lancement de Forecast Mitao, le 28 février dernier.

Ceinture verte

Une aire protégée est constituée de deux zones : le noyau dur d’une part et la zone tampon d’autre part. Ces zones tampons jouxtent le noyau dur et dans laquelle les activités sont limitées pour assurer une meilleure protection de l’aire protégée et dont les modalités sont fixées par voie réglementaire. Elles sont stratégiques et vitales car, la plupart du temps, de communautés y sont déjà implantées et font des activités (élevage, culture…). Les zones tampons sont, à la fois les barrières mais aussi la porte d’entrée pour le noyau dur d’un parc.

Dans le cas du Makira, une ceinture verte formée par des terroirs communautaires, gérés à travers le régime de Gestion Contractualisée des Forêts (GCF), a permis de former un bouclier de protection éloignant les pressions bien loin de Makira. La mise en place d’infrastructures hôtelières dans les zones tampons de ces 6 parcs pourrait donc créer une dynamique économique importante mais elle ne doit pas être une porte ouverte aux exploitations du noyau dur. C’est là que devraient être vigilantes les autorités de surveillance et de contrôle. « Il s’agit de développer un tourisme durable et responsabled d’attirer des investissements pour une meilleure gestion des parcs, de soutenir les communautés locales et de renforcer la conservation de la biodiversité », avait défendu la ministre de Tourisme et de l’Artisanat.

Raoto Andriamanambe

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